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Changement climatique : comment les risques physiques affectent la non-assurabilité en France ?


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Changement climatique : comment les risques physiques affectent la non-assurabilité en France ?
Constats, tendances, stratégies d'adaptation et investissements responsables
En 2024, les sinistres climatiques ont entraîné des pertes pour les assurances estimées à 140 milliards de dollars, marquant la troisième année la plus coûteuse depuis 1980[1]. Soit une augmentation de 17 % par rapport à 2023, qui était déjà en hausse de 17 % par rapport à la moyenne des dix années précédentes[2].
La multiplication des événements climatiques extrêmes fragilise la stabilité du secteur assurantiel et la question de l'assurabilité des dommages climatiques devient alors cruciale.
Comment les assureurs peuvent-ils continuer à couvrir des zones toujours plus exposées aux aléas climatiques ? Quel est leur rôle en matière d'investissements responsables ?
L'État doit-il redevenir le payeur en dernier ressort ?Comment les assurances peuvent-elles mieux s’adapter aux risques climatiques ?
Si l'adaptation à ces phénomènes est essentielle, il est tout aussi primordial de développer des stratégies d'atténuation en amont. Dans un premier temps, l'article traite du rôle d’assureur dommages puis dans un second temps, du rôle d’assureur en tant qu’investisseur et comment Carbon4 Finance peut aider les acteurs financiers en ce sens.
Parmi les périls assurés, il existe ainsi plusieurs aléas climatiques qui ont un impact direct sur l’assurabilité. Ils sont identifiés ainsi dans le rapport Langreney - Le Cozannet - Merad[5] :

Selon la Fondation pour l’Innovation Politique, entre 1970 et 2010, les catastrophes naturelles sont passées de 50 à 200 par an, soit une multiplication par 4.
Parallèlement, le coût unitaire moyen des catastrophes naturelles en dollar constant a augmenté, passant de 0,5 milliard $ par catastrophe dans les années 1970 à 1 milliard $ en 2010.
On observe ainsi que le coût des catastrophes naturelles augmente plus vite (multiplié par 8,8 entre 1970 et 2010) que le nombre de catastrophes naturelles (multiplié par 4 entre 1970 et 2010). Ainsi :
Les pertes économiques totales ont atteint 320 milliards de dollars en 2024, contre 286 milliards en 2023, soit une hausse de 19 %. En particulier :
En France, le coût des sinistres climatiques s’est multiplié par trois depuis les années 1980, passant de 1 milliard d'euros par an à environ 3 milliards d'euros constants par an aujourd'hui.
Les projections à l'horizon 2050 sont alarmantes[8] :
Le surcoût projeté pour 2050 en France est estimé à 23,8 milliards d'euros.

Face à l’augmentation des sinistres climatiques, les assureurs adoptent diverses stratégies. Cela passe par une mise à jour des stratégies actuelles via l’actuariat, par un désengagement de certains risques ou de certaines zones, par une augmentation des prix assurantiels. Si elles permettent à court terme de palier aux conséquences, ces solutions présentent de nombreux biais.
Selon le rapport “Peut-on assurer un monde qui s'effondre”[9], l’assurance, dont le modèle économique repose largement sur l’analyse des données passées pour projeter le futur, peine à intégrer les notions de rupture, de basculement ou d’inédit. L’actuariat s’appuie sur l’exploitation des statistiques observées dans les portefeuilles. Ainsi, tout bouleversement ou évolution qui ne trouve pas d’ancrage dans l’historique constitue un risque pour les assurances, pouvant conduire à une tarification inadaptée et/ou à une sous-estimation des provisions nécessaires pour honorer les engagements des assurances envers les assurés. Les assurances prennent progressivement conscience que les données passées ne suffisent plus pour anticiper l’avenir, même à moyen terme.
À divers endroits du monde, un signal faible se manifeste : des compagnies d’assurance se retirent de la couverture de certains risques.
Le risque est que les assureurs répercutent cette augmentation du risque sur les prix des assurances. Elle peut se traduire par :
Selon les résultats du test de résistance climatique sur les assureurs 2023-2024 réalisé par l’ACPR auprès de 15 organismes d’assurance représentant 90% du marché français, et publiés en décembre 2024, on peut projeter :
Les résultats du stress-test climatique mené par l'ACPR montrent que les assureurs sont fortement exposés aux risques physiques liés au changement climatique, avec une sinistralité en hausse et des pertes financières importantes. Face à ces menaces croissantes, il est essentiel que les assureurs intègrent ces risques en amont dans leur stratégie d’atténuation, plutôt que de se limiter à des mesures d’adaptation.
En parallèle du rôle de l’assureur dommage qui intervient en aval des conséquences climatiques, les assureurs ont aussi leur rôle à jouer en amont, grâce à des stratégies d’investissements responsables (pour favoriser la transition).
Une approche proactive permettrait d’assurer une meilleure résilience du secteur. Cela implique :
Carbon4 Finance possède 3 bases de données pouvant aider les acteurs financiers en ce sens :
La méthode Climate Impact Analytics (CIA) évalue les risques de transition auxquels les entreprises, institutions et projets sont confrontés dans leur transition vers une économie à faible émission de carbone. Cette « approche bottom-up » analyse les actifs individuels à l'aide de données opérationnelles spécifiques à l'entreprise pour évaluer la performance carbone, en se concentrant sur les émissions directes et indirectes (y compris le scope 3 en amont et en aval).
Elle mesure les émissionséconomisées et la contribution potentielle de l'entreprise à la transition climatique. L'approche fournit également une évaluation qualitative et« prospective » des stratégies de décarbonation, en proposant des indicateurs tels que le Carbon Impact Ratio (CIR) et une notation globale pour quantifier les risques et opportunités d'une entreprise en matière de climat.
Enfin, la méthodologie fournit une mesure d'alignement de la température de 2 °C au niveau du portefeuille. La méthodologie couvre les entreprises, les institutions financières, les États, ainsi que des instruments spécifiques tels que les obligations vertes.
Prendre contact pour en savoir plus sur CIA
Intégrer des scénarios climatiques plus précis et diversifiés pour mieux anticiper les impacts physiques des investissements sur le changement climatique et les prochaines catastrophes naturelles est primordial.
La méthode CRIS (Climate Risk Impact Screening) permet aux assureurs de connaître le niveau de risque de leurs portefeuilles afin de pouvoir gérer le risque physique, le suivre dans le temps et engager un dialogue avec les entreprises sous-jacentes sur leur vulnérabilité au changement climatique.
CRIS est basé sur un cadre d'analyse rigoureux et reconnu qui consiste en une évaluation des risques climatiques dans leur lieu d'opération (géographie) combinée à une évaluation de la vulnérabilité des activités de l'entreprise .
La méthodologie CRIS de Carbon4 Finance intègre 3scénarios pour les 2 horizons temporels (2050 et 2100) :
L'évolution des modèles assurantiels est un défi majeur dans un monde où les risques climatiques s’accélèrent et intensifient. La question de l’assurabilité et de l’anticipation demeure importante et va être amenée à prendre de plus en plus de place dans le débat public. Bien intégrer ces enjeux à ses stratégies d’atténuation et d’adaptation est une nécessité pour les assureurs.
Prendre contact pour en savoir plus sur CRIS

Face à l’augmentation des sinistres climatiques et aux défis croissants liés à la non-assurabilité de certains risques, le secteur de l’assurance doit repenser ses modèles économiques et intégrer pleinement les enjeux du changement climatique.
Si l’adaptation reste indispensable, elle ne pourra suffire sans une véritable stratégie d’atténuation et une meilleure anticipation des risques sur le long terme. L’évolution du marché assurantiel, la collaboration avec les acteurs publics et privés, ainsi que l’innovation en matière de modélisation et d’investissement responsable seront déterminantes pour garantir la résilience du système assurantiel dans les décennies à venir.
1.
Catastrophes naturelles : 2024, troisième année la plus coûteuse depuis 1980 » dans Les Échos, disponible via https://www.lesechos.fr/finance-marches/banque-assurances/catastrophes-naturelles-2024-troisieme-annee-la-plus-couteuse-depuis-1980-2141655https://www.lesechos.fr/finance-marches/banque-assurances/catastrophes-naturelles-2024-troisieme-annee-la-plus-couteuse-depuis-1980-2141655
2.
Moyenne du coût au cours des dix dernières années dans SwissRe disponible via https://www.swissre.com/press-release/Hurricanes-severe-thunderstorms-and-floods-drive-insured-losses-above-USD-100-billion-for-5th-consecutive-year-says-Swiss-Re-Institute/f8424512-e46b-4db7-a1b1-ad6034306352
3.
Définition de l’aléa climatique « Hazard » dans l’Annexe II du rapport du GIEC, disponible via https://archive.ipcc.ch/pdf/special-reports/srex/SREX-Annex_Glossary.pdf
4.
Définition de Catastrophe Naturelle sur le site des services de l’État dans la Nièvre, disponible via https://www.nievre.gouv.fr/Actions-de-l-Etat/Prevention-des-risques-naturels-et-technologiques/Catastrophe-naturelle-Definition-et-demarches#:~:text=Une%20catastrophe%20naturelle%20est%20un,part%20des%20soci%C3%A9t%C3%A9s%20d%27assurance
5.
Rapport Langreney - Le Cozannet - Merad disponible via https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/Rapport_final_Mission-assurance_climat.pdf
7.
Coût des catastrophes climatiques de 1970 à 2010 et évolution dans le rapport Les Assureurs face au défi climatique de la Fondation pour l’innovation Politique, disponible via https://www.fondapol.org/app/uploads/2020/08/fondapol-etude-assureurs-climatique-chneiweiss-bardaji-2020-08-27.pdf
8.
Les projections des coûts d’ici à 2050 dans l’étude « Peut-on assurer un monde qui s’effondre » publiée par la MAIF, MACIF et la Caisse des Dépôts disponible via https://www.caissedesdepots.fr/sites/default/files/2023-03/Livre%20blanc%20_%20Peut-on%20assurer%20un%20monde%20qui%20s%27effondre%20_r%C3%A9duit.pdf
9.
L’étude « Peut-on assurer un monde qui s’effondre » publiée par la MAIF, MACIF et la Caisse des Dépôts disponible via https://www.caissedesdepots.fr/sites/default/files/2023-03/Livre%20blanc%20_%20Peut-on%20assurer%20un%20monde%20qui%20s%27effondre%20_r%C3%A9duit.pdf
10.
Le phénomènes d’inassurabilité aux Dom-Tom dans l’étude « Peut-on assurer un monde qui s’effondre » publiée par la MAIF, MACIF et la Caisse des Dépôts disponible via https://www.caissedesdepots.fr/sites/default/files/2023-03/Livre%20blanc%20_%20Peut-on%20assurer%20un%20monde%20qui%20s%27effondre%20_r%C3%A9duit.pdf
11.
Le paradoxe des assurances : victimes ou gagnantes du dérèglement climatique ? https://www.carbone4.com/analyse-assurances-climat
12.
Le phénomène et définition des « Cat Bonds » dans Les Echos https://www.lesechos.fr/finance-marches/gestion-actifs/cat-bonds-les-tres-profitables-obligations-catastrophes-auront-leur-etf-2149482
6.
Confiance définie selon les termes du GIEC et décrite dans le rapport https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/Rapport_final_Mission-assurance_climat.pdf
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